Prêche de l’Aïd Al-Fitr 20.03.2026 : La taqwa, finalité des obligations religieuses.
Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, Allâhu Akbar, Allâhu Akbar.
Louange à Allâh, Seigneur des mondes. Louange à Allâh qui nous a guidés vers la foi, qui a orné nos cœurs par la taqwâ et qui en a fait la meilleure voie pour obtenir Son agrément et le vrai critère de valeur entre les hommes. Je témoigne qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, seul, sans associé. Je témoigne que notre maître Muḥammad ﷺ est Son serviteur et Son Messager — qu’Il l’a envoyé guide, annonciateur et avertisseur, appelant à Allâh par Sa permission, une lumière qui éclaire les gens. Qu’Allâh le comble de Ses prières et de Sa paix, ainsi que sa famille, ses compagnons, et quiconque suit sa voie jusqu’au Jour du Jugement.
Ammâ baʿd — frères et sœurs dans la foi, Je vous recommande, et je me recommande à moi-même, la taqwâ — la piété, la conscience vivante d’Allâh dans nos cœurs et dans nos actes.
Car la taqwâ est la meilleure provision pour avancer dans la vie. Elle est une lumière qui nous guide lorsque tout devient confus, et une protection lorsque les épreuves arrivent. Elle donne au croyant la force de rester ferme lorsque les repères se brouillent et que les valeurs se perdent. C’est pour cela que toutes les obligations de notre religion ont une seule finalité : développer la taqwâ. Elle est la clé de la constance, la base d’une volonté sincère et le chemin vers la purification du cœur. Et à une époque où beaucoup de repères disparaissent, la taqwâ reste l’identité du croyant.
Ô serviteurs d’Allâh, Nous nous retrouvons aujourd’hui en un jour immense parmi les jours d’Allâh. Un jour de joie pour avoir achevé le jeûne. Un jour de fête qui rassemble nos cœurs dans la gratitude envers Allâh, dans l’espoir que nos actes soient acceptés.
Mais le Coran nous invite à regarder plus loin. Le Ramaḍân n’était pas une fin en soi. Il était une école — une école pour forger la taqwâ. Allâh le Très-Haut nous l’a dit clairement : « Ô vous qui avez cru, le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous acquériez la taqwâ. »
Méditez ce mot : afin que vous acquériez la taqwâ. Tout le mois de Ramaḍân — ses nuits, ses prières, sa faim et sa soif — avait pour but d’apprendre à l’être humain à maîtriser son âme, vivre sous le regard d’Allâh, mener sa vie selon les directives d’Allâh.
Ô croyants et croyantes, La taqwâ n’est pas un mot que l’on prononce. Ce n’est pas un sentiment passager que l’on ressent un soir de Ramaḍân. La taqwâ est un mode de vie. Allâh en a fait le critère de noblesse entre les êtres humains. Il a dit : « Le plus noble d’entre vous auprès d’Allâh est le plus pieux d’entre vous. ». Un message limpide. Ce dont l’être humain a le plus besoin dans sa vie, ce n’est pas la richesse ni le rang — c’est la taqwâ. Allâh a dit : « Emportez des provisions, et la meilleure des provisions est la taqwâ. Craignez-Moi, ô gens doués d’intelligence. ». Et Il a dit : « Le vêtement de la taqwâ — cela est meilleur. C’est l’un des signes d’Allâh, afin qu’ils se souviennent. »
Ô bien-aimés en Allâh, Mais qu’est-ce que la taqwâ, concrètement ?
Dans la langue arabe, la taqwâ vient de la wiqâya — la protection. C’est l’art de placer entre soi et ce qui peut nuire un rempart qui préserve. Mais la taqwâ ne s’arrête pas à la langue : dans son sens religieux, elle est un état que vit le cœur — et qui rayonne ensuite sur le comportement et les actes.
Mais la plus belle description de la taqwâ — celle qui ne s’oublie pas — nous vient d’un échange entre deux illustres Compagnons : ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb et Ubayy ibn Kaʿb, qu’Allâh soit satisfait d’eux deux.
Un jour, ʿUmar interrogea Ubayy : « Qu’est-ce que la taqwâ ? » Ubayy, plutôt que de répondre, lui posa une question : « Ô Commandeur des croyants, t’est-il arrivé de marcher sur un chemin plein d’épines ? » — « Oui. » — « Et qu’as-tu fait ? » — « Je me suis retroussé et j’ai avancé avec précaution. » Alors Ubayy dit : « Voilà la taqwâ. »
Voilà la taqwâ : avancer sur le chemin de la vie en restant attentif, vigilant, en surveillant ses pas pour que les épines ne nous atteignent pas.
Ô musulmans, Le chemin de la vie est rempli d’épines. Il y en a à l’intérieur de nous : la passion, les désirs, l’âme qui incite au mal, les suggestions du Diable. Et il y en a à l’extérieur : les épreuves du monde, la pression de la société, les mauvaises fréquentations.
L’homme pieux est celui qui avance sur ce chemin avec conscience et éveil. Qui sait où poser son pied. Qui sait comment préserver son cœur, sa langue et ses membres.
Ô croyants, Certains pensent que la taqwâ est un signe de faiblesse. C’est le contraire : la taqwâ est une grande force.
L’homme peut diriger une institution, gérer une entreprise, réussir dans son travail. Mais la plus haute victoire dans la vie, c’est de se gouverner soi-même. Pouvoir dire à son âme : arrête-toi aux limites d’Allâh. Maîtriser sa langue lorsqu’elle s’emporte. Maîtriser son regard lorsqu’il est tenté. Maîtriser son cœur lorsque les passions l’appellent. Voilà la vraie force.
Et la taqwâ n’est pas seulement une adoration — c’est la clé de la bénédiction dans la vie. Bénédiction dans les biens, dans la famille, dans le travail, dans toute l’existence.
Allâh le Très-Haut a dit : « Quiconque craint Allâh, Il lui ménage une issue, et lui accorde une subsistance venue d’où il ne s’y attendait pas. » – « Quiconque craint Allâh, Il lui facilite ses affaires. » – « Quiconque craint Allâh, Il lui efface ses mauvaises actions et lui accorde une grande récompense. ». Et : « Si vous craignez Allâh, Il vous accordera un discernement, effacera vos mauvaises actions et vous pardonnera. Allâh est détenteur d’une grâce immense. »
Ô frères et sœurs, La taqwâ rend le musulman sincère dans son travail, honnête dans ses relations, respectueux envers les gens, utile à sa société. Le musulman pieux est le meilleur ambassadeur de sa religion où qu’il se trouve. Il vit avec la certitude qu’Allâh le voit. Il marche sur la terre avec la crainte d’Allâh dans le cœur. Il s’éloigne des choses douteuses par peur de franchir les limites d’Allâh. Il ne transgresse pas les limites d’Allâh. Il n’abandonne pas ses responsabilités. Et il revient à Allâh à chaque instant, par crainte de l’insouciance.
En conclusion, Le vrai signe que notre Ramaḍân a été accepté, c’est que la taqwâ continue après Ramaḍân. Certains des pieux prédécesseurs ont dit une belle parole : « Al-Aid n’est pas pour celui qui a revêtu des habits neufs — Al-Aid est pour celui dont l’obéissance à Allâh a augmenté. »
Al-Aid, c’est un cœur plus proche d’Allâh qu’il ne l’était avant. Alors faites de Ramaḍân un nouveau commencement, non une étape que l’on traverse et oublie. Faites de la taqwâ votre provision sur le chemin. Et invoquez votre Seigneur avec sincérité et dévotion.
Qu’Allâh prie et accorde la paix et la bénédiction sur notre maître Muḥammad ﷺ, sur ses proches et l’ensemble de ses compagnons.