Discours du vendredi 01.05.2026 : La famille… un projet de construction, non une simple cohabitation
Al-hamdoulillah, Seigneur des mondes. Al-hamdoulillah, Lui qui a fait de la famille un signe parmi Ses signes, et l’a instituée comme source de quiétude, d’affection et de miséricorde. Et je témoigne qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, Seul, sans associé, et je témoigne que notre maître Muhammad est Son serviteur et Son messager, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, sur sa famille et ses compagnons.
Cela étant dit, serviteurs d’Allah : je vous recommande, ainsi qu’à moi-même, la taqwâ (تقوى — crainte révérencielle d’Allah), car elle est le fondement sur lequel repose toute construction, et la véritable garantie de tout équilibre.
Frères et sœurs : tout au long du mois écoulé, nous avons traité un seul et même sujet : la famille et l’équilibre. Nous avons évoqué les troubles… le dialogue… l’équilibre entre le foyer et la société… Et aujourd’hui, nous concluons par une question directe : comment percevons-nous la famille ? Est-elle seulement un lieu pour manger et dormir ? Un lieu pour gérer le quotidien ? Ou est-elle quelque chose de bien plus grand ?
La vérité que nous devons assimiler : la famille en Islam n’est pas une simple cohabitation… mais un véritable projet de construction. Un projet dans lequel nous bâtissons : la personnalité… la foi… les valeurs morales… l’avenir. Allah dit dans Son Livre : Et ceux qui ont cru, et que leur descendance les a suivis dans la foi — Nous ferons rejoindre à eux leur descendance, et Nous ne les priverons en rien de leurs œuvres. Chaque homme est otage de ce qu’il a acquis. » — [Sourate At-Tûr, verset 21]
Serviteurs d’Allah : tout projet en ce monde nécessite une vision… de l’effort… de la patience… et un suivi constant. Alors qu’en est-il du plus grand de tous les projets : la construction d’un être humain ?
Dans notre propos d’aujourd’hui, nous tâcherons, avec l’aide d’Allah, de résumer ce que nous avons appris tout au long de cette série, en quatre messages clairs :
Le premier message : En temps de troubles… il faut tenir ferme.
Les troubles ne cesseront jamais… mais ce qui ne doit pas cesser, c’est notre attachement à nos valeurs. Ton foyer est une forteresse… soit tu le protèges… soit il s’effondre sous les troubles. Malgré tous ces défis, nous voyons des enfants qui réussissent et tiennent bon… nous voyons des familles soudées malgré tout… Quel est leur secret ? Ce n’est pas qu’ils vivent sans problèmes… c’est qu’ils ont une référence… une foi… un équilibre.
Le deuxième message : Pas de famille sans dialogue.
Quand le dialogue disparaît… le silence s’installe. Quand le silence s’installe… la distance grandit. Quand la distance grandit… les problèmes commencent.
Parlez… écoutez… rapprochez-vous… Car la famille forte n’est pas celle qui ne connaît pas les désaccords… mais celle qui sait dialoguer. Et le foyer réussi n’est pas celui où il n’y a pas de problèmes… mais celui qui sait les résoudre par une parole bienveillante.
Le troisième message : L’équilibre est une nécessité.
Ne réussis pas à l’extérieur du foyer en échouant à l’intérieur. Et ne t’enferme pas dans ton foyer au point de t’absenter de la société. L’Islam veut que tu sois équilibré… sans excès dans aucune direction.
Donne à chacun ce qui lui revient, établis des priorités, surveille-toi en permanence… Et demande-toi : suis-je juste dans mon utilisation du temps ? Est-ce que je donne à chacun ce qui lui revient ? Car l’équilibre n’est pas simplement une organisation du temps… c’est un acte d’adoration.
Le quatrième message : L’exemple est le fondement.
Tes enfants ne t’écoutent pas seulement… ils t’observent. Ta moralité… ta salât (صلاة — prière)… ta manière de traiter les autres… voilà la véritable éducation. Le Prophète ﷺ a dit : « Tout nouveau-né naît sur la fitra (فطرة[1] — la disposition naturelle innée à l’islam). Ce sont ses parents qui le font devenir croyant ou incroyant, tout comme un animal naît intact — vous ne lui trouvez pas de mutilation. » Puis il récite : « La fitra (فطرة) d’Allah, selon laquelle Il a créé les hommes. Pas de changement dans la création d’Allah. Tel est la religion droite. » — [Sourate Ar-Rûm, verset 30] — [Rapporté par Al-Bukhâri (البخاري)]
L’être humain naît dans la pureté de la fitra (فطرة) — prédisposé à la connaissance d’Allah et à Son unicité. Mais c’est l’environnement et l’éducation qui orientent son devenir. La droiture des parents, la qualité de l’encadrement, et l’enracinement des valeurs dès le jeune âge sont les clés pour préserver cette disposition naturelle saine. Ce hadîth (حديث) prophétique pose un fondement clair de la responsabilité parentale — l’exemple…
Frères et sœurs : permettez-moi de le dire clairement : Ta réussite ne te sera d’aucun secours… si tu perds ta famille. Ton argent ne te sera d’aucun secours… si tes enfants sont perdus. Tes paroles ne te seront d’aucun secours… si elles ne se traduisent pas dans la réalité.
Veille à être un bon exemple, et offre à tes enfants un environnement empreint de foi et de pureté, car ils naissent sur le bien, et c’est toi qui orientes ce bien vers la stabilité ou vers la déviation.
Serviteurs d’Allah : la famille ne se bâtit pas en un jour… et ne se préserve pas par de simples paroles… mais elle se construit par : Un temps sincèrement consacré… une attention véritable… une supplication constante… et une longue patience.
Commencez dès aujourd’hui : — Répare ta relation avec ton conjoint… — Rapproche-toi de tes enfants… — Ouvre la porte au dialogue… — Révise tes priorités… — N’attends pas que le problème s’aggrave… commence maintenant. Car la chose n’est pas aisée, mais elle est une épreuve pour sonder les consciences et purifier les cœurs.
Bien-aimés : malgré tous les défis… il y a un grand espoir, car cette religion est grande… et le bien en cette Oumma (أمة — communauté musulmane) demeure. Combien de familles ont réussi… parce qu’elles ont été sincères envers Allah.
Soyez de ceux-là. La famille est un dépôt sacré (amâna — أمانة)… et vous en serez interrogés devant Allah. Alors qu’avons-nous préparé pour répondre à cette question ?
Qu’Allah bénisse notre maître Muḥammad, les siens, et qu’Il leur accorde la paix.
[1] Selon la perspective de l’Allāma (العلامة) Tāhir Ibn Āshūr (الطاهر بن عاشور), la Fitra (الفطرة) n’est pas simplement le souvenir d’une création primordiale, mais elle constitue une « loi universelle » (قانون كلي) et un programme pratique continu pour la droiture humaine. L’Islam est le système qui préserve pour l’humanité son équilibre Jiblī (جِبلي) face aux deux pôles de la déviance : l’« Inḥilāl » (الانحلال) — résultant de la poursuite des illusions et des passions —, et le « Tashdīd » (التشدد) qui épuise la Fitra et conduit à son aversion. (Uṣūl al-Niẓām al-Ijtimāʿī — أصول النظام الاجتماعي)