Discours du vendredi

Discours du vendredi 19.02.2021 : “L’argent entre l’utilité et la dangerosité”

L’argent entre l’utilité et la dangerosité

L’argent occupe une large place dans le fort intérieur de l’être humain. Ainsi, ce dernier éprouve, généralement, une grande envie de l’acquérir, et d’en avoir toujours plus. Au point où l’affolement pour l’avoir, peut faire croire à l’Homme qu’il s’agit de la chose la plus importante dans cette existence. Ce mode opératoire peut s’avérer dangereux pour l’Homme et néfaste pour les liens sociaux et la façon de se tenir en société. L’Homme ne se rend compte de la dangerosité de cet état de chose qu’après coup.

L’amour de l’argent voile la raison pour ne pas dire l’inhibe. L’avidité de l’argent pousse à l’acquisition sans tenir compte du caractère licite ou illicite de sa source. Cet état de sentiment provoque également l’avarice. En un mot. L’argent est semblable à une drogue qui paralyse la pensée, la réflexion et la méditation, à l’exception de ceux qu’Allah a épargné. Le Créateur, L’Exalté dit en Annonciateur et en Avertisseur « et pour l’amour des richesses il est certes ardent. » (Al-Adiyat 8). La richesse signifie « l’argent » et encore une fois, Allah s’adresse à l’Homme et dit : « et aimez les richesses d’un amour sans bornes. » (Al-Fajr 20). Les versets ici mettent en garde contre cette logique de concurrence qui pousse les gens à amasser l’argent au détriment de tout.

Il est évident que l’argent comme il peut être acquis après effort et fatigue, il peut être acquis aussi spontanément sans aucun effort et sans même le prévoir, car « Allah étend largement Ses dons ou les restreint à qui Il veut. » (Ar-Raad 26). Nombreux sont les pauvres qui ont vu les ressources se multiplier terre et qui ont obtenu la subsistance du jour au lendemain, et nombreux sont les riches qui ont vu leur richesse s’évaporer.

Méditons la parole du Créateur, Le Détenteur, Celui qui accorde la subsistance : « Dis : « O Allah, Maître de l’autorité absolue. Tu donnes l’autorité à qui Tu veux, et Tu arraches l’autorité à qui Tu veux ; et Tu donnes la puissance à qui Tu veux, et Tu humilies qui Tu veux. Le bien est en Ta main et Tu es Omnipotent. » (Al-Imran 26). La sagesse dans cela consiste à ce que Sa parole L’Exalté nous révèle : « Si Allah attribuait Ses dons avec largesse à [tous] Ses serviteurs, ils commettraient des abus sur la terre ; mais, Il fait descendre avec mesure ce qu’Il veut. Il connaît parfaitement Ses serviteurs et en est Clairvoyant. » (Ach-Choura 27). L’Homme peut être un intellectuel, un savant et un intelligent, mais son don pour obtenir sa subsistance et la développer est limitée, en revanche, il peut avoir des dons dans d’autres domaines, il peut paraitre ignorant et naïf, mais il pourra posséder un don pour obtenir de l’argent et le fructifier. En effet, les gens divergent de par leurs dons et leurs capacités. Chacun possède un pouvoir propre à lui dans l’un des domaines de la vie… l’amplitude de la subsistance peut s’avérer une épreuve de la part d’Allah, de même, sa privation ne peut être que pour une raison que Seul Le Très Haut connait et réalise à travers cette épreuve « Allah a favorisé les uns d’entre vous par rapport aux autres dans la répartition de Ses dons. Ceux qui ont été favorisés ne sont nullement disposés à donner leur portion à ceux qu’ils possèdent de plein droit au point qu’ils y deviennent associés à part égale. Nieront-ils les bienfaits d’Allah » (An-Nahl 71) « Vos biens et vos enfants ne sont qu’une épreuve, alors qu’auprès d’Allah est une énorme récompense. » (At-Taghaboun 15).

L’Islam accorde une grande importance au thème de l’argent. Il a éclairé quant à son acquisition et son usage, tout comme, il a mis en garde contre ses tentations et son pouvoir à la déviation. Autrement dit, il a tracé les bonnes lignes pour l’acquérir, et les bonnes voies pour le dépenser. Allah a révélé des centaines de versets qui traitent du thème de l’argent et de son système Le Prophète (BPSL) a transmis à sa communauté plusieurs hadiths au sujet de l’argent et de la façon de le faire circuler. Les trois quarts de la jurisprudence du Fiqh démontrent les dispositions de l’argent et de la façon de sa gestion « afin qu’après la venue des messagers il n’y eût pour les gens point d’argument devant Allah. Allah est Puissant et Sage » (An-Nissa 165). En somme, L’Islam a mis en place une méthodologie pour l’argent sur la base des principes suivants :

Premier principe : Le bien appartient à d’Allah Seul, L’Exalté dit : « À Allah seul appartient le royaume des cieux, de la terre et de ce qu’ils renferment. Et Il est Omnipotent. » (Al-Ma’ida 120) « et donnez-leur des biens d’Allah qu’Il vous a accordés. » (An-Nour 33). Le bien licite c’est ce qu’Allah a autorisé de l’acquérir et d’en agir de la façon dont Il a décidé. Le bien illicite porte sur tout ce qu’Allah a recommandé de ne pas consommer, approcher ou acquérir.

Deuxième principe : L’Homme est mandaté pour gérer le bien. Il se doit de l’acquérir de façons légales et le dépenser de façon légale. Dans, ce contexte, L’Exalté, Le très Haut, dit : « Croyez en Allah et en Son Messager, et dépensez de ce dont Il vous a mandaté. Ceux d’entre vous qui croient et dépensent [pour la cause d’Allah] auront une grande récompense. » (Al-Hadid 7) « Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu » (Al-Fourqan 67) « O les croyants ! Dépensez des meilleures choses que vous avez gagnées et des récoltes que Nous avons fait sortir de la terre pour vous. Et ne vous tournez pas vers ce qui est vil pour en faire dépense. Ne donnez pas ce que vous-mêmes n’accepteriez qu’en fermant les yeux ! Et sachez qu’Allah n’a besoin de rien et qu’Il est digne de louange. » (Al-Baqara 267)

Troisième principe : L’Homme mandaté est libre dans la façon légale de fructifier ce bien, en veillant à ne pas porter préjudice à ses semblables et à l’environnement, « Dès qu’il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Allah n’aime pas le désordre » (Al-Baqara 205). La réforme est l’inverse de la dégradation, cette dernière signifie l’anéantissement de ce qui est bénéfique pour les gens, saccager culture et bétail est un sens imagé de la perte et du déséquilibre, de ce fait, si on ne peut pas améliorer ce qui est déjà bien, il faut s’abstenir de le dégrader.

Quatrième principe : L’argent, s’il a été acquis d’une façon légale et dépensé dans les domaines légaux, est un bien, un bienfait, une subsistance et une bonne attribution, son auteur se réjouira dans ce monde et sera pour lui une réserve et un investissement dans l’au-delà. Le Messager d’Allah (BPSL) a dit en s’adressant à Amr Ibn Al-As : « Le bien licite est un bonheur pour la bonne personne » (Al-Boukhari dans Al-Adab Al-Moufrad), c’est donc un moyen et non pas une finalité, il doit en agir tel un bon responsable et le gérer avec bénéfice, il doit se montrer bon et réformateur, remerciant Celui Qui lui a tout mis à sa disposition, Le Clément, Allah, Seigneur de l’univers.

Cinquième principe : Le pauvre a un droit établi et défini dans le bien acquis par le riche (le détenteur). La partie qui revient au pauvre est un droit consacré et défini dans le bien du riche, car celui qui possède le bien lorsqu’il verse une partie au pauvre il acquitte son patrimoine, il purifie son bien et satisfait son Seigneur. Allah, L’Exalté dit « et acquittez-en les droits le jour de la récolte. » (Al-Anâam 141) « Et donne au proche ce qui lui est dû ainsi qu’au pauvre » (Al-Isra 26) « et sur les biens desquels il y a un droit bien déterminé, pour le mendiant et le déshérité » (Al-Maarij 24)

 

Que la prière et la paix d’Allah soient sur notre Bien-aimé Mohamed et sur son foyer

 

 

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